Bey : L’église romane a accueilli un concert baroque

Samedi dernier, l’association « Bey Arts » nous a proposé un voyage musical dans l’Europe ancienne grâce à l’Atelier 1600.
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Par Europe ancienne, il faut entendre les royaumes du Portugal, d’Espagne, de Naples, de France et d’Angleterre ainsi que l’État pontifical de Rome, et le Duché de Savoie, sur une période qui s’étale grosso modo de 1500 à 1750.

Yannick Cordou, directeur de l’Atelier 1600, a concocté avec ses acolytes un programme regroupant une vingtaine d’auteurs et compositeurs tels que – entre autres ; Diego Ortiz (1510-1570), Kapsberger (1580-1651), Nicolas Martin (vers1500- 1570), Michel Corette (1707-1795), Étienne Moulinié (1599-1676), Marin Marais (1656-1728), Philip Rosseter (1567 1623), etc…

Ce choix de musiques de rue, de cour ou de chapelle permet d’apprécier les caractéristiques et les liens de ces différentes cultures. Tous les instruments joués sont des copies d’anciens.

L’Atelier 1600 est un groupe de musiciens amateurs créé par Yannick Cordou. Autodidacte, pratiquant dans sa jeunesse le hard rock (oui, vous avez bien lu), puis solidement formé dans de grandes écoles de musique en Europe, ce musicien professionnel s’est passionné pour le baroque. Il confie que le rock est une continuité du baroque dans le sens où l’écriture mélodique est simple à la base et que l’accompagnement est libre, autrement dit confié à l’interprète. La fin du programme consacré au Royaume d’Angleterre illustrait le propos puisqu’on y trouve les racines de la « pop music ». Yannick va jusqu’à citer Sting qui a réalisé un disque de baroque « Songs from the Labyrinth », pour « enfoncer la clé de sol » sur le sujet.

Yannick Cordou jouait ce soir :

De la vihuela de mano : instrument à cordes pincées d’origine aragonaise, cousin du luth de la Renaissance. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas un ancêtre de la guitare puisque les deux instruments étaient contemporains.

De la mandoline : instrument à cordes pincées originaire d’Italie, petit luth à manche court.

Du théorbe : instrument à cordes pincées ; son manche est immense car il contient un petit et un grand jeu de corde. Il peut jouer un rôle analogue à la basse actuelle. Abandonné au cours du XVIIIème siècle, il est ressuscité depuis l’engouement pour les instruments anciens.

C’est beau à écouter mais également à voir, car ces instruments anciens n’ont pas la puissance des modernes, donc il faut de l’engagement et de l’énergie pour en jouer. Et Yannick Cordou en a à revendre ! Son jeu est pourtant tout en délicatesse et l’acoustique du lieu a rendu ces moments musicaux merveilleux.

Les amateurs- très éclairés – l’accompagnant pour cette soirée étaient :

Au chant ; Rachel Piquemal, douée pour les langues puisqu’elle maîtrise le vieil italien, le vieil espagnol, le vieux français, le vieil anglais et tente de traduire le mieux possible ces textes anciens quand elle en trouve le temps… Sa voix douce et très modulée, son articulation même dans les quasi chuchotements, sa gestuelle, ont enchanté un public d’une cinquantaine de personnes, dans un lieu absolument remarquable qu’est l’église Saint Martin de Bey.

À la viole de gambe (qui se joue entre ou contre les jambes), et au pardessus de viole (accordé une octave au dessus de la viole) ; Philippe Arnaud, musicien tardif puisqu’il apprit le violoncelle à l’âge de 45 ans ! Lui aussi, tomba amoureux et passionné pour le baroque. Lorsqu’il découvrit la viole de gambe lors d’une présentation, il annonça à son professeur médusé qu’il abandonnait le violoncelle pour cet instrument ancien et capricieux. À force de volonté et de travail durant 15 ans, il le maîtrise parfaitement aujourd’hui.

Tout compte fait, j’ai l’impression d’avoir eu à faire, ce soir-là, à des extra-terrestres…

Pour écouter de quoi il en retourne, vous pouvez soit retrouver le groupe in vivo – il circule principalement sur Rhône-Alpes-Auvergne soit, chercher sur internet des programmes du même genre : « les musiciens de la fortune » avec Yannick Cordou, vous tomberez sur quelques captations enchanteresses.


Les prochains concerts organisés par l’association Bey Arts sont :

Le samedi 16 mars 2024 à 20h30 : soirée cabaret à la salle communale avec comme invité Oudjazz, jazz à cordes, manouche, tzigane et oriental.

Le samedi 1er juin 2024 à 20h30 : concert à l’église Saint Martin avec l’ensemble vocal Singulier Pluri’elles, musiques sacrées et profanes.


Association Bey Arts
Mairie de Bey
560 route des Boissonnets
01290 BEY
Tel : 07 86 13 80 76
Courriel : asso.bey.arts@gmail.com
Site internet : https://beyarts.wordpress.com/

Texte et photos : Frédéric Chalot

Photo d’accueil : Rachel Piquemal au chant et accompagnée à la vihuela jouée par Yannick Cordou (à gauche) et à la viole de gambe jouée par Philippe Arnaud.

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